Actus

MED CUP 2013: EPISODE 4

02|06|2013

IMPERFECTION

114m, validé !  Compensation pas encore optimum, mais ok. Retour surface ok.

Pour les non experts, afin de vous familiariser avec le lexique de l'apnéiste, je distillerai régulièrement dans ce journal de bord quelques explications sur les termes que nous employons souvent, mais rarement compris par le grand public.

Aujourd'hui, la compensation : La compensation est le mécanisme par lequel on vient équilibrer la pression grandissante exercée par l'eau sur le tympan au cours d'une descente, grâce au volume d'air disponible dans les poumons. On compense du début à la fin d'une plongée, puisque la pression ne cesse d'augmenter avec la profondeur. L'air est acheminé des poumons vers l'oreille moyenne via la trachée, le larynx, et la trompe d'Eustache. Très souvent, les athlètes qui ne parviennent pas à atteindre la profondeur tentée, remontent avec une grande frustration et expriment leur colère à la face du monde ainsi :  « j'ai foiré ma compens' ! » ou bien «p…. d'oreille !  !  ! », ou plus sobrement mais tout autant teinté de déception :  «…les oreilles ne sont pas passées…». Laissant ainsi à penser quel'appareil auditif conditionne à lui seul la réussite ou l'échec de la plongée. Bien entendu ce n'est pas le cas et c'est ici un simple raccourci de langage. Une mauvaise compensation est dans la grande majorité des cas une conséquence directe d'autres problématiques plus profondes :  erreur technique, manque de relâchement ou manque de souplesse du corps face à la pression. En effet, le volume d'air pulmonaire diminuant considérablement au cours de ladescente, avec l'augmentation de la pression, il devient de plus en plus ardu d'acheminer la quantité nécessaire à la compensation. Il faut pour y parvenir une technique irréprochable, un relâchement optimum et une grande souplesse de la cage thoracique.

Revenons en à mes 114m… Quand j'écris compensation pas encore optimum mais ok, veuillez comprendre :  certes, je suis allé au fond en compensant jusqu'au bout, mais je n'étaispas encore totalement relâché ce qui m'a valu quelques erreurs techniques, heureusement rattrapées grâce à l'expérience. Je n'entrerais pas dans les détails techniques précis, cela me demanderait des pages entières pour être complet.

Pour ce qui est de la remontée, ma monopalme était encore à l'essai et je pense devoir la priver de futures immersions dans les eaux crétoises, celle-ci n'ayant pas consentie à adoucir suffisamment son caractère. J'ai donc eu la sensation d'être tout au long de ce retour à la surface, «à côté» de mon mouvement, cherchant sans cesse le juste équilibre puissance, fréquence, amplitude, sans jamais atteindre la parfaite harmonie.

Pour finir, le bilan global de ce 114m :  le résultat sans la manière. Je ne suis pas satisfait. Les fondements de ma philosophie héritée de l'enseignement reçue par l'Ecole Niçoise (Claude Chapuis et Loic Leferme) sont basés sur le plaisir, la patience, l'équipe et l'idée qu'une plongée est réussie si la performance est réalisée avec la manière.

Pour ma prochaine plongée de lundi, la décision de la profondeur tentée sera prise au cours de la journée de repos, le jour du Seigneur !  L'étape suivante prévue était -118m, mais un plan est toujours établi pour ne pas être suivi à la lettre.

Retour a la liste des articles